• Le voici, le voilà! Ce fameux casse-tête enseignant! Il a fallu répondre à certaines contraintes de décloisonnement et à LA grosse contrainte du volume horaire imposé par les programmes. Il n'est donc pas parfait mais si ça peut vous inspirer, je partage!

    Emploi du temps 2015-2016

     

    Ca c'est l'officiel... En réalité, il y aura quelques modifs:

    - le créneau ateliers n'est pas spécifiquement dédié au maths. Il y aura un atelier de révisions de maths sur le cahier du jour en autonomie et un atelier d'entraînement à la copie.

    - le créneau de littérature sera en fait soit littérature soit ateliers de lecture avec lecture libre et atelier prosodie

    - le rituel d'anglais et le rituel de calculs seront en fait mes créneaux de dictée flash.

    Je triche un peu, pas bien, je sais....


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    Dans son livre intitulé Accompagner le travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux, Guy Sonnois rapporte cinq questions qui permettent de comprendre avec précision une connaissance.

    Je vous invite à visiter son site extraordinaire: http://aidautravailavecpegase.blogspot.fr/

    The five questions ou les 5 questions de compréhension sont un point important en gestion mentale car à elles seules elles reprennent un principe essentiel.

    En effet, la gestion mentale considère qu'un apprentissage a:

    - un passé: des connaissances, savoir-faire antérieurs utilise à l'apprentissage

    - un présent: le moment où l'on débute l'apprentissage spécifique

    - un avenir : le moment ou les moments où cet apprentissage nous sera utile. Ici, on entre dans le fameux champ des transferts disciplinaires et de la mise en projet. 

    Quelles sont ces questions de compréhension?

    1. C'est quoi? C'est le sens d'identité. Appliqué à une notion scolaire cela revient à dire sur quoi on travaille et le définir. 

    Exemple: Un complément circonstanciel est un mot ou un groupe de mots dans une phrase. Cela indique le temps, le lieu et la manière.

    2. A quoi ça sert? C'est le sens de finalisation, à la fois le rôle de la notion et la préparation aux transferts futurs.

    Exemple: Un complément circonstanciel sert à préciser l'action/le verbe. Nous pouvons l'utiliser en rédaction pour enrichir notre histoire ou en lecture pour repérer les lieux, les moments de l'action.

    3. A quoi je peux relier? C'est le sens de relation. On recherche des acquis, des notions que l'on peut rapprocher.

    Exemple: Le complément circonstanciel de manière est souvent un adverbe.

    4. Comment vais-je l'utiliser? C'est le sens d'application. Ici il s'agit du mode d'emploi pour réaliser les exercices. 

    Exemple: Pour trouver un complément circonstanciel, je cherche le verbe, le sujet puis je me pose la question: S + V + où? quand? comment?

    5. D'où ça vient? Cette 5e question est un peu plus complexe à appréhender. Je pense qu'elle est plus présente en sciences, en histoire, en géographie ou encore en vocabulaire. 

     

    Quand les utiliser?

    1. Si on fonctionne avec la pédagogie explicite, certaines questions peuvent être utilisées à chaque moment de vérification de la compréhension particulièrement " c'est quoi" 

    2. A chaque fin de séance, au moment où on institutionnalise, objectivise la notion. 

     

    Pourquoi les utiliser?

    Ces questions sont à la fois un outil pour vérifier la compréhension des élèves mais aussi un moyen d'aider les élèves à projeter l'apprentissage dans d'autres domaines. On entre ici en plein dans le transfert des connaissances.

    On se plaint souvent que les connaissances ne sont pas réinvesties dans les autres disciplines; comme si nos élèves rangeaient les notions dans des tiroirs fermés qu'ils n'ouvrent que lorsque le domaine concerné apparaît. Or, en gestion mentale, on cherche justement à dépasser ce schéma. 

    Ainsi, en demandant aux élèves "A quoi ça sert?", on les met en position d'envisager des moments autres que la grammaire par exemple où ils utiliseront la notion. C'est une forme de mise en projet: "je mémorise, j'apprends cette notion pour l'utiliser là et là mais aussi là". Ce moment a été à chaque fois un moment très intéressant dans ma classe car lorsqu'un élève faisait une proposition, j'aurai pu dessiner une ampoule avec "EUREKA" au dessus de la tête de certains qui se disaient "ah bah oui là, je vais le faire". 

     

    Comment les utiliser?

    Deux façons de faire:

    1. L'enseignant pose les questions et interroge les élèves;

    2. Un élève pose une question, un autre y répond. Celui qui vient de répondre pose une autre question et interroge un autre élève etc...

    Ce travail demande un travail spécifique en classe je pense, voire même un affichage didactique. A réfléchir...


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  • C'est en fait au cours de mes recherches sur la gestion mentale que j'ai re-découvert la pédagogie explicite déjà rencontrée grâce à Mallory et à Mélimélune (cliquez sur les liens pour découvrir la richesse de leur travail).

    Au cours de mes lectures, j'ai trouvé qu'il y avait en fait des points communs entre ces deux approches. Je me suis donc mis en tête de croiser la pédagogie de la gestion mentale avec la pédagogie explicite. Avant de créer ma première fiche de prep prototype, je me suis donc penchée sur les points communs entre les deux approches pour ensuite voir où je pouvais intégrer les éléments de la gestion encore absent.

    Si vous ne maîtrisez pas la gestion mentale, pas de soucis, je ferai un article clair et limpide d'ici peu!

     1. Mise en projet et présentation de l'objectif

    Dans la pédagogie de la gestion mentale, l'accent est vraiment mis sur la mise en projet. Il s'agit en fait de se donner un but, un projet pour favoriser l'attention et la mémorisation

    Ce geste mental peut être rapproché en fait de la présentation de l'objectif dans la péda explicite. En effet, cette première étape dans la démarche incite l'enseignant à:

    - expliciter la notion travaillée

    - donner un objectif aux élèves: "à la fin de la séance, nous serons capable de..."

    Bien entendu, cela n'est pas exactement pareil mais il y a une similitude entre les deux.

    2. Réactivation des connaissances

    Dans les deux pédagogies, le notion n'est jamais abordée sans une réactivation des connaissances antérieures. En effet, il faut considérer que l'apprentissage ne se fait pas que sur l'instant présent: il a aussi un passé et un avenir. La suite de la mise en projet peut être alors d'inviter l'élève à revenir sur ses acquis (le passé) d'analyser l'information présentée (le présent) et de s'imaginer dans une situation future où il aura à utiliser cette information (l'avenir).

    Par exemple, lorsqu'on travaille sur les CC, la réactivation des connaissances va porter sur les éléments utiles à savoir le verbe, le sujet mais aussi ce que désignent les questions où? quand? comment? que les élèves rencontrent notamment en lecture. 

    3. La pratique guidée

    Dans les deux pédagogies, un point d'honneur est mis sur l'accompagnement des élèves dans la découverte et la mise en pratique de la notion. L'enseignant surveille, contrôle, accompagne la compréhension des élèves au cours de séances de pratique guidée. Le croisement des deux façons de faire est vraiment excellent car l'enseignant accompagne les élèves (péda explicite) mais il explicite et fait expliciter la démarche mise en oeuvre dans notre tête (gestion mentale). Ainsi, on y retrouve la fameuse métacognition si importante et pourtant trop délaissée parfois. Il me semble en effet essentiel que les élèves comprennent ce qui se passe dans la tête de l'enseignant ou dans sa tête pour structurer l'apprentissage. Les élèves avec des facilités développeront différentes stratégies, apprendront à en utiliser d'autres, à expliciter ce qui se passent dans leur tête. Les plus en difficulté seront "en sécurité" car l'enseignant leur aura dit ce qui se passe dans sa tête pour réussir et pourront calquer à cette façon de faire. 

    4. Objectivation de la notion

    Cette étape se retrouve en fait dans tous les types de pédagogie. Il s'agit ici de résumer ce qu'il faut retenir de la notion. 

    Cette étape constitue un point important. Les deux pédagogies mettent l'accent dessus mais pas de la même façon. Pour autant, il est possible de croiser les deux:

    - débuter par une objectivation façon péda explicite

    - terminer par une objectivation façon gestion mentale avec les questions de compréhension qui renvoient en fait à la mise en projet (article à venir sur ces fameuses questions de compréhension).

    Pour le déroulement des différentes étapes de la pédagogie explicite, reportez vous aux blogs de Mélimélune et de Mallory qui explique tout bien. Je ne reprends pas ce qui a été dit, mes articles sont plutôt un complément de leur travail déjà énorme. 

     

     

     


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  • La pédagogie explicite n'est pas un enseignement traditionnel.

    Au cours de mes différentes recherches sur la pédagogie explicite, j'ai pu lire que celle-ci constituait un retour en arrière, qu'il s'agissait tout bonnement d'un retour de l'enseignement traditionnel. Au début, je vous avouerai que j'ai eu également ce sentiment. Mais en fait pas du tout!!!!

    Pourquoi cette confusion?

    C'est simple: on confond trop rapidement la présentation magistrale de l'enseignement traditionnel où le maître parle, parle et parle encore au modelage de la pédagogie explicite. De la même façon, on assimile la phase de pratique autonome de la péda explicite à celle d'exercisation de la péda traditionnelle.

    Quelles différences alors?

    La pédagogie explicite n'a pourtant rien à voir avec l'enseignement traditionnel même si sa forme apparente est trompeuse. 

    1. Modelage VS transmission: au cours du modelage, l'enseignant détenteur du savoir ne fait pas que transmettre celui-ci comme en péda traditionnel. Cela va au-delà: l'enseignant décrit en fait tous ses processus mentaux qui lui permet de réussir / comprendre la nouvelle notion. En expliquant ces processus, il donne accès aux élèves à la métacognition: "Voilà comment je fais pour...", "Voilà ce que je me dis pour ....". Avec le contrôle de la compréhension, la péda explicite vise ainsi la compréhension de la notion mais aussi son maintien en mémoire. On y retrouve en fait pas mal le principe de gestion mentale. Je reviendrai dans un prochain point sur les similitudes entre les deux approches. 

    2. La pratique guidée: voici l'étape qui est totalement absente de la péda traditionnelle et qui marque bien la différence entre les deux. Au cours de cette étape, l'enseignant accompagne les élèves et appréhende le degré de compréhension des élèves. Cette étape se différencie de la péda traditionnelle dans sa mise en oeuvre: les élèves travaillent par deux (petit clin d'oeil au socio-constructivisme) ou seul. L'enseignant passe dans les binômes, interroge, note les difficultés. Il peut alors créer des groupes de besoin pour un travail en ateliers. Les élèves dont la compréhension est encore fragile restent en pratique guidée pendant que les autres glissent progressivement vers la pratique autonome. Ce travail en petits groupes est un moment essentiel de la péda explicite. Il a en effet été prouvé que le travail en petits groupes qui facilite le questionnement de l'enseignant a un impact important

    3. Questionnement et feed-back: ces deux éléments sont des composants essentiels et incontournables de la péda explicites. Ils sont présents à la fois lors de la première phase (le modelage) avec le contrôle de la compréhension, lors de la deuxième phase (la pratique guidée) au cours de laquelle l'enseignant revient avec les élèves sur leur travail, le processus mis en oeuvre mais aussi lors de la dernière phase, au moment de l'objectivation de la notion (on retrouve d'ailleurs ici un point commun avec la gestion mentale si on le pousse un peu plus loin).

    Ainsi, contrairement à cette image de péda traditionnelle, l'enseignement explicite s'occupe à la fois d'activer ou de présenter de façon claire et structurer (avec segmentation de la tâche globale en petites séquences) l'information et d'accompagner les élèves vers une maîtrise progressive. 

     


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  • En France, on entend très peu parler d'études sur l'efficacité réelle des différentes pédagogies utilisées. C'est parfois par effet de mode, parfois par convictions. Mais jamais depuis que je suis PE et pendant ma formation je n'ai entendu parlé de données empiriques, prouvant réellement l'efficacité d'une pédagogie. En fait, même si l'étude dont je vais parler va faire polémique, je reste tout de même intimement convaincue que la pédagogie tient aussi à l'enseignant qui la met en place, qui la vit et la fait vivre. Par conséquent, même si les données présentées ici sont des données empiriques, je tiens à préciser que personnellement je n'émets aucun jugement de valeurs sur les différents courants pédagogiques. 

     

     

    Plusieurs études révèlent que les élèves issus de milieux socio-économiquement faibles éprouvent plus de difficulté à l’école et accusent un retard scolaire plus marqué que ceux provenant de milieux mieux nantis (Coleman, 1966; Forquin, 1982; Sévigny, 2003). Trois faits saillants ont été mis en avant:

    1. Les enfants de milieux modestes sont plus souvent en retard sur le plan des apprentissages scolaires.

    2 Les inégalités observées entre les groupes de différentes classes sociales s'avèrent nettement plus élevées dans le cas des notes scolaires.

    3. A réussite égale, les chances de poursuivre des études varient selon l'origine sociale.

    Les chercheurs estiment que comme les retards scolaires à l'élémentaire semblent avoir un impact important sur le décrochage au niveau secondaire, il devient essentiel d’identifier les pratiques pédagogiques les plus susceptibles d’améliorer la performance. C’est ce que propose la méga-analyse parue dans « Revue de recherche avancée sur l’apprentissage » en 2010.

    Au total, ces 11 méta-analyses ont examiné 362 recherches publiées entre 1963 et 2006 impliquant au-delà de 30 000 élèves.

    a.       Les facteurs d’influence sur les apprentissages

    - Travaux de Wang, Heartel et Walberg

    - A permis de relever les facteurs les plus susceptibles d’aider l’élève à apprendre.

    - Méta-analyse qui identifie l’enseignant comme étant le facteur ayant le plus d’influence sur l’apprentissage des élèves (voir annexes 1 et 2). L’effet de l’enseignant devance ainsi celui de la famille, qui ne vient qu’au quatrième rang. Par ailleurs, les deux facteurs qui se situent en tête de liste sont la gestion de classe et les processus métacognitifs.

     

    Bilan des études sur la péda explicite

    b.       Le projet Follow through

    - Plus vaste expérimentation à grande échelle jamais effectuée dans le domaine de l’éducation en Occident (Slavin, 2002). Public concerné: enfants de la maternelle et 3 premières années de primaire, 70 000 élèves sur 10 ans.

    - But:  comparer et d’analyser l’efficacité d’une vingtaine d’approches pédagogiques appliquées auprès d’élèves provenant de milieux socio-économiques défavorisés. 

    - Résultat: que ce soit en habilités de base (lecture, écriture, maths, vocabulaire), cognitives (raisonnement non verbal, résolution de problèmes) ou affectives (estime et image de soi), le direct instruction est le seul obtenant des résultats positifs dans ces 3 domaines. 

    Bilan des études sur la péda explicite

    Bilan des études sur la péda explicite

    Le direct instruction ou enseignement explicite consiste à enseigner explicitement aux élèves une démarche d'apprentissage. De fait, les connaissances que les élèves acquièrent à l'école contribuent au développement de leurs habiletés cognitive, tandis que les succès qu's vivent en classe augmentent leur estime d'eux mêmes à partir de laquelle se construisent les habiletés affectives. Ainsi tout est lié!

    - Effet sur la motivation: il existe deux types de motivation: l'intrinsèque  et l'extrinsèque; la première étant la plus importante, la seconde étant celle de la carotte. Il ne faut pas surtout pas oublier que le véritable moteur de la motivation intrinsèque est le succès, la réussite. Ainsi, en réussissant, les élèves seraient plus investis car plus motivés. 

     

     

     

     

     

     

     

     


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